Leçon 3

LEÇON 3 

L’unité de l’Évangile

SABBAT APRÈS-MIDI 

 

Étude de la semaine: Ga 2.1-14; 1 Co 1.10-13; Gn 17.1-21 ; Jn 8. 31-36;Col 3.11.

 

Verset à mémoriser: “Mettez le comble à ma joie afin d’avoir une même pensée; ayez un même amour, une même âme, une seule pensée.” (Ph 2.2, Segond révisée à la Colombe)

 

Le réformateur protestant Jean Calvin estimait que la désunion et la division étaient les principaux stratagèmes du diable contre l’Eglise et il conseillait aux chrétiens d’éviter les schismes comme une plaie.

Mais l’unité doit-elle être préservée au prix de la vérité? Que se serait-il passé si Martin Luther, le père de la Réforme protestante, avait, au nom de l’unité, choisi d’abjurer sa vision sur le salut par la foi seule lorsqu’il s’est tenu devant la diète de worms ?

 

« Si le réformateur avait fléchi sur un seul point, Satan et ses armées eussent remporté la victoire. Mais son inébranlable fermeté fut le gage de l’émancipation de l’Église et l’aube d’une ère nouvelle. » – Ellen WHITE, La tragédie des siècles, « Luther à la diète de Worms », p. 175.

 

Dans Ga 2. 1-14, on voit l’apôtre faire tout ce qui était en son pouvoir pour maintenir l’unité du cercle apostolique malgré les tentatives, de la part de certains croyants, pour la détruire. Mais aussi importante qu’ait été cette unité pour Paul, il a refusé de compromettre la vérité de l’Evangile pour y parvenir. S’il est possible de vivre l’unité dans la diversité, l’Evangile ne doit jamais être compromis à cette fin.

 

 

* Etudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 15 octobre.

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DIMANCHE 9 octobre 

 

L’importance de l’unité 

 

Lisez 1 Co 1.10-13. Qu’indique ce passage sur la valeur accordée par Paul à l’unité dans l’Église? 

 

Après avoir réfuté les allégations selon lesquelles son évangile ne lui avait pas été donné par Dieu, Paul, dans Ga 2.1,2, porte son attention sur une autre accusation prononcée contre lui. Les faux enseignants de Galatie prétendaient que l’Évangile de Paul n’était pas en harmonie avec les enseignements de Pierre et des autres apôtres. Paul, disaient-ils, était un renégat

 

En réponse à cette accusation, Paul parle du voyage qu’il a entrepris jusqu’à Jérusalem au moins quatorze ans après sa conversion. Si nous nous ne sommes pas complètement certains de la date de ce voyage, dans l’Antiquité, tout voyage était pénible. Si Paul a voyagé par voie de terre d’Antioche à Jérusalem, ce voyage d’environ quatre cent quatre-vingt kilomètres a sans doute pris au moins trois semaines et a dû comporter toutes sortes de difficultés et de dangers. Pourtant, malgré ces difficultés, Paul a entrepris le voyage, convoqué non par les apôtres, mais par l’Esprit. C’est pendant son séjour là-bas qu’il a présenté son évangile aux apôtres.

 

Pourquoi l’a-t-il fait? Certainement pas parce qu’il doutait de son propre enseignement. Il n’avait nul besoin d’être conforté par les apôtres. D’ailleurs, il proclamait le même évangile depuis quatorze ans. Et s’il n’avait nul besoin de leur permission ou de leur approbation, il accordait une grande valeur au soutien et aux encouragements des autres apôtres.

 

Ainsi, l’accusation scion laquelle son message était différent était non seulement une attaque contre Paul, mais aussi contre l’unité des apôtres et contre l’Église elle-même. Il était vital de maintenir l’unité apostolique, parce qu’une scission entre la mission de Paul auprès des Gentils et l’Église mère de Jérusalem aurait eu de désastreuses conséquences. Sans l’existence d’une communion entre les chrétiens d’origine païenne et ceux d’origine juive, « le Christ serait divisé et toute l’énergie que Paul avait consacrée et qu’il espérait consacrer encore à évangéliser le monde païen serait vaine. » – F. F. BRUCE, “The Epistle to the Galates, William B. Eerdmans Publishing Company, Grand Rapids, Mich., 1982, p. 111.

 

Citez certaines des questions qui menacent l’unité de l’Eglise aujourd’hui. Plus important encore, une fois celles-ci définies, comment les résoudra-t-on? Quelles questions ont encore plus d’Importance que l’unité elle-même ?

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LUNDI 10 octobre

 

La circoncision et les faux frères 

Pourquoi la circoncision était-elle au cœur du conflit entre Paul et certains chrétiens juifs? Voir Gn 17.1-22; Ga 2.3-5; 5.2,6; Ac 15.1,5. N’est-il pas facile de comprendre pourquoi certains pensaient que même les païens devaient se faire circoncire? Expliquez. 

 

La circoncision était le signe de l’alliance conclue entre Dieu et Abraham, père de la nation juive. Si la circoncision ne concernait que les descendants mâles d’Abraham, tous étaient invités à vivre la relation d’alliance avec Dieu. C’est dans Gn 17 que Dieu a fait de la circoncision un signe. Cela s’est passé après la tentative désastreuse d’Abraham – en concevant un enfant avec l’esclave égyptienne de sa femme – d’aider Dieu à remplir sa promesse en lui donnant un fils.

La circoncision, en tant que signe d’alliance, était appropriée. Elle rappelait que les plans humains les mieux conçus ne pourraient jamais accomplir ce que Dieu lui-même avait promis. La circoncision extérieure devait symboliser la circoncision du cœur (Dt 10.16 ; 30.6; Jr 4.4; Rm 2.29) : se libérer de la confiance en soi pour dépendre fidèlement de Dieu.

 

À l’époque de Paul, cependant, la circoncision était devenue un signe reconnu d’identité nationale et religieuse – ce qu’elle ne devait pas signifier à l’origine. Environ cent cinquante ans avant la naissance de Jésus, certains patriotes particulièrement zélés ont non seulement contraint tous les Juifs non circoncis de Palestine à se circoncire, mais ils l’ont aussi exigé de tous les hommes vivant dans les nations environnantes qui faisaient partie de leur juridiction. Certains croyaient même que la circoncision était un passeport pour le salut. On peut le voir dans d’anciens épigrammes qui faisaient avec assurance des déclarations telles que : « Les circoncis ne descendent pas dans la Géhenne [ou enfer] » – C. E. B. CRANFlELD, A Critical and Exegetical Commentary on the Epistle to the Romans. T. & T. Clark Ltd., Edinburgh, 1975, p. 172.

 

Il serait erroné de penser que Paul était opposé à la circoncision en soi. Mais il s’opposait à ceux qui insistaient pour que les païens se fassent circoncire. Ces faux enseignants déclaraient: “ Si vous ne vous faites pas circoncire selon la coutume de Moïse, vous ne serez pas sauvés.” (Ac 15.1) Le problème, en réalité, était davantage lié au salut qu’à la circoncision. Soit le salut nous est donné uniquement par la foi en Christ, soit il est possible de le mériter en obéissant.

 

Aujourd’hui, le débat ne porte peut-être pas sur la circoncision. Dans quel conflit (si c’est le cas) nous débattons-nous aujourd’hui dans l’Église comme Paul autrefois par rapport au problème de la circoncision ?

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MARDI 11 octobre 

 

L’unité dans la diversité 

 

Lisez Ga 2.1-10. Paul déclarait que des faux frères « s’étaient introduits [ … ] pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ, avec l’intention de nous asservir » (Ga 2.4). De quoi avons-nous été libérés? Lisez Jn 8.31-36; Rm 6.6,7; 8.2,3; Ga 3.23-25; 4.7,8; He 2.14,15. En quoi cette liberté est-elle bien réelle dans notre vie ?

 

La liberté, en tant qu’expérience chrétienne, est pour Paul un concept important. Il a utilisé ce mot plus fréquemment que tout autre auteur du Nouveau Testament et, dans le livre des Galates, les termes libre et liberté reviennent à de nombreuses reprises. La liberté, cependant, pour le chrétien, signifie la liberté en Christ. Elle correspond à la possibilité de mener une vic de dévotion sans obstacles. Elle est délivrance des désirs de notre nature pécheresse (Rm 6), de la condamnation de la loi (Rm 8.1,2) et du pouvoir de la mort (1 Co 15.55).

 

Les apôtres ont reconnu que la bonne nouvelle avait été confiée à Paul “ pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis » (Ga 2.7). Qu’est-ce que cela suggère sur le sens de l’unité et de la diversité dans l’Église? 

 

Les apôtres ont reconnu que Dieu avait appelé Paul à prêcher l’Évangile aux Gentils, tout comme il avait appelé Pierre à prêcher aux Juifs. Dans les deux cas, il s’agissait du même Évangile, mais la façon dont il était présenté dépendait des gens que les apôtres cherchaient à toucher. Ce verset implique qu’il était implicitement admis “qu’une seule et même vérité pouvait être entendue de diverses façons et avoir différents impacts selon les contextes sociaux et culturels [ … ] C’est précisément cette unicité qui est à la base de l’unité chrétienne, unité dans la diversité.” – James D. G. DUNN, The Epistle to the Galatians, Peabody, Mass. : Hendrickson Publishers, Inc., 1993, p. 106.

Dans quelle mesure devons-nous accepter des méthodes d’évangélisation et de témoignage différentes de celles auxquelles nous sommes habitués d’une manière assez confortable? Certaines vous troublent-elles? Dans l’affirmative, lesquelles? Pourquoi? Devez-vous davantage vous ouvrir à ces méthodes ?

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MERCREDI 12 octobre 

 

Confrontation à Antioche (Ga 2.11-13) 

 

Quelque temps après la consultation de Paul à Jérusalem, Pierre s’est rendu à Antioche, en Syrie, lieu de la première Eglise de croyants Gentils et centre des activités missionnaires de Paul décrites dans les Actes. En ce lieu, Pierre s’est senti libre de manger avec des chrétiens d’origine païenne, mais quand un groupe de chrétiens juifs est arrivé de chez Jacques, Pierre – redoutant ce qu’ils en penseraient – a complètement changé d’attitude.

 

Pourquoi Pierre aurait-il dû être plus avisé? Cf Ga 2.11-13; Ac 10.28Qu’indique son comportement sur la force de la culture et de la tradition dans nos vies? 

 

Certains ont pensé à tort que Pierre et ses compagnons juifs avaient cessé de suivre les lois de l’Ancien Testament sur les aliments purs et impurs. Mais cela ne semble pas être le cas. Si Pierre et tous les chrétiens juifs avaient abandonné les lois juives sur la nourriture, il s’en serait certainement suivi un vaste tollé dans l’Église, ce dont il aurait été fait mention quelque part. Il était plus que probable que la question concernait le fait de manger avec des Gentils. Parce que de nombreux Juifs considéraient que les païens étaient impurs, certains avaient pour coutume d’éviter tout contact social avec eux dans la mesure du possible.

 

Pierre s’était débattu lui-même avec ce problème et seule une vision envoyée par Dieu l’avait aidé à y voir clair. Il a dit à Corneille, le centurion romain, après être entré dans sa maison: « Vous savez qu’il est interdit à un Juif de se lier à un étranger ou d’entrer chez lui; mais Dieu m’a montré qu’il ne fallait dire d’aucun homme qu’il était souillé ou impur. » (Ac 10.28) Même s’il savait ce qu’il en était réellement, Pierre a eu tellement peur d’offenser ses compatriotes qu’il a retrouvé ses vieilles habitudes. Telle était, apparemment, la force de la culture et de la tradition dans sa vie.

 

Paul, cependant, a traité le comportement de Pierre pour ce qu’il était: le terme grec utilisé dans Ga 2.13 est hypocrisie. Même Barnabas, comme il est écrit, « fut entraîné par leur hypocrisie» (Segond révisée à la Colombe). Quelles paroles sévères adressées par un homme de Dieu à un autre homme de Dieu!

 

Pourquoi est-on si facilement hypocrite? (Serait-ce parce que nous avons tendance à nous aveugler sur nos propres fautes tout en remarquant les fautes d’autrui?) De quelle sorte d’hypocrisie vous rendez-vous coupable dans votre vie ? Plus important encore, comment la reconnaître et la déraciner?

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JEUDI 13 octobre 

 

Le souci de Paul (Ga 2.14) 

 

La situation à Antioche était certes très tendue; Paul et Pierre, deux dirigeants d’Église, s’affrontaient ouvertement. Et Paul n’a pas mâché ses mots en sommant Pierre d’expliquer son Comportement.

 

Quelles raisons Paul donne-t-il pour justifier sa confrontation publique avec Pierre? Ga 2.11-14.

 

Tel que l’envisageait Paul, le problème ne résidait pas dans le fait que Pierre ait décidé de manger avec les visiteurs venus de Jérusalem. L’antique tradition concernant l’hospitalité l’exigeait certainement.

 

Il s’agissait de «la vérité de la bonne nouvelle» et pas simplement d’une question de fraternité ou de coutumes alimentaires. Le comportement de Pierre, de façon bien réelle, compromettait le message de l’Evangile dans son ensemble.

 

Lisez Ga 3.28; Col 3.11. La vérité contenue dans ces textes ne nous aide-t-elle pas à comprendre la réaction sévère de Paul? Commentez. 

 

Au cours de la rencontre de Paul à Jérusalem avec Pierre et les autres apôtres, ils en étaient venus à conclure que les païens devaient pouvoir profiter de toutes les bénédictions en Christ sans avoir au préalable à se soumettre à la circoncision. Le comportement de Pierre menaçait maintenant cet accord, Alors que les chrétiens juifs et païens s’étaient réunis de façon fraternelle, la congrégation était maintenant divisée, ce qui laissait envisager une Eglise divisée à l’avenir.

 

Selon Paul, le comportement de Pierre impliquait que les chrétiens païens étaient, au mieux, des chrétiens de seconde zone. Il pensait que Pierre, par de tels actes, mettait une forte pression sur les païens pour qu’ils se conforment aux coutumes juives s’ils voulaient être pleinement acceptés dans la communauté. C’est pourquoi Paul déclarait : “Si toi, qui es Juif, tu vis à la manière des non-Juifs et non à la manière des Juifs, comment peux-tu contraindre les non-Juifs à adopter les coutumes juives ?” (Ga 2.14) L’expression: “ adopter les coutumes juives” peut être traduite, de façon plus littérale, par « judaïser », qui signifiait , adopter le mode de vie juif ». On le disait des païens qui fréquentaient la synagogue et participaient aux autres coutumes juives. C’était aussi la raison pour laquelle les opposants de Paul en Galatie, qu’il appelait « faux frères », étaient Souvent mentionnés sous le terme de « judaïsants ».

 

Comme si le comportement de Pierre ne suffisait pas, Barnabas s’est laissé entraîner – alors que lui aussi aurait dû être plus avisé. Quel excellent exemple de l’influence exercée par des pairs! Comment apprendre à ne pas s’égarer dans la mauvaise direction sous l’influence de son entourage ?

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VENDREDI 14 octobre 

 

Pour aller plus loin: Pour en savoir davantage sur la question de l’unité et de la diversité dans l’Église, lisez Ellen WHITE, Counsels to Writers and Editors, p. 45, 47; Messages choisis, « D’anciennes déclarations expliquées », vol. 1, p. 85; Le ministère évangélique, p. 111-113; 1888 Materials, « Manuscript release 898 », vol. 3, p. 1092, 1093. « Même le meilleur des hommes, livré à lui-même, commettra de graves impairs. Plus il aura de responsabilités, plus il sera en position d’ordonner et de contrôler, et plus il fera de mal, pervertissant les esprits et les cœurs s’il ne suit pas attentivement les votes du Seigneur. À Antioche, Pierre n’a pas réussi à rester intègre. Paul a été obligé de s’opposer directement à son influence subversive. Cela nous est rapporté pour que d’autres en profitent et que cette leçon soit un avertissement solennel pour les hommes haut placés, afin qu’ils restent intègres et fidèles à leurs principes.» – Ellen WHITE dans Seventh-day Adventist Bible Commentary, vol. 6, p. 1108.

À méditer

• Peu de gens apprécient un affrontement, mais celui-ci est parfois nécessaire. Dans quelles circonstances une Eglise doit-elle condamner l’erreur et corriger ceux qui refusent d’accepter la réprimande? 

• En se développant dans le monde entier, l’Eglise adventiste devient de plus en plus diverse. Quelles démarches doit-elle faire pour s’assurer de ne pas perdre son unité malgré une telle diversité? Comment parvenir à accepter et même à apprécier la diversité des cultures et des traditions tout en maintenant l’unité? 

• Quand on annonce l’Evangile au sein d’une autre culture, quels éléments essentiels faut-il conserver? Quels éléments peut-on changer ? Comment discerner ce qu’il faut garder et ce qu’il est possible d’abandonner si nécessaire? 

 

Résumé: L’insistance exprimée par certains chrétiens juifs pour que les païens se fassent circoncire afin de devenir de véritables disciples du Christ a sérieusement menacé l’unité de l’Eglise primitive. Au lieu de laisser cette question diviser l’Eglise en deux mouvements différents, les apôtres ont œuvré ensemble, malgré les conflits surgissant entre eux, pour s’assurer que le corps du Christ reste uni et fidèle à la vérité de l’Evangile.

 

 

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