Leçon 4

LEÇON 4

La justification par la foi seule 

SABBAT APRÈS-MIDI 

Étude de la semaine: Ga 2.15-21; Ep 2.12; Ph 3.9; Rm 3.10-20; Gn 15.5,6; Rm 3.8.

Verset à mémoriser: « Je suis crucifié avec le Christ; ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi; ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. »(Ga 2.20)

Comme nous l’avons vu la semaine dernière, Paul a publiquement affronté Pierre à Antioche pour son manque de cohérence entre la foi qu’il défendait et la manière dont il se comportait. La décision de Pierre de ne plus manger avec d’anciens païens suggérait que ceux-ci étaient, au mieux, des chrétiens de seconde zone. Son comportement impliquait que s’ils voulaient vraiment faire partie de la famille de Dieu et profiter des bénédictions liées au fait de se retrouver tous en frères autour de la table, ils devaient d’abord se soumettre au rite de la circoncision.

Qu’est-ce que Paul a dit exactement à Pierre au cours de ces circonstances tendues? Dans la leçon de cette semaine, nous étudierons ce qui est probablement un résumé de ce qui s’est passé. Ce passage est l’un des plus denses du Nouveau Testament et il est extrêmement important, parce qu’il introduit pour la première fois des mots et des expressions fondamentales pour la compréhension de l’Évangile et du reste de la lettre de Paul aux Galates. Parmi ces termes clefs on trouve les mots justification,justice, œuvres de la loi, croyance, et, en plus du mot fot, l’expression foi de jésus.

Que veut dire Paul par ces termes, et que nous enseignent-ils sur le plan du salut?

* Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 22 octobre. 

_____________________________________________________________________________________

DIMANCHE 16 octobre 

La question de la « justification» (Ga 2.15,16)

Dans Ga 2.15, Paul écrivait: “Nous, nous sommes juifs de naissance, nous ne sommes pas de ces pécheurs de non-Juifs.” Quel point soulignait-il à votre avis? 

Ces paroles de Paul doivent être comprises d’après leur contexte. Cherchant à gagner à sa position ses frères chrétiens juifs, Paul commençait par faire une déclaration avec laquelle ils étaient certainement d’accord – la distinction traditionnelle entre Juifs et Gentils. Les Juifs étaient les élus de Dieu, auxquels celui-ci avait confié sa loi. Ils bénéficiaient des bienfaits de l’alliance que Dieu avait conclue avec eux. Les Gentils, eux, étaient pécheurs; la loi de Dieu ne réfrénait pas leur comportement et ils étaient « étrangers aux alliances de la promesse» (Ep 2.12 ;voir aussi Rm 2.14). Si les Gentils étaient certes pécheurs, Paul, au verset 16, faisait remarquer aux chrétiens juifs que leurs privilèges spirituels ne les rendaient pas davantage dignes aux yeux de Dieu, parce que personne n’est justifié par les “œuvres de la loi”.

Paul utilise le terme justifié quatre fois dans Ga 2.16,17. Que voulait-il dire par « justification » ? Voyez Ex 23.7; Dt 25.1.

Le verbe justifier est un terme clef pour Paul. Sur les 39 fois où il est cité dans le Nouveau Testament, il l’est 27 fois par Paul. Il l’utilise 8 fois dans l’épître aux Galates, dont 4 fois dans Ga 2.16, 17. Justification est un terme légal, utilisé dans les tribunaux. Il a trait au verdict prononcé par le juge lorsqu’une personne est déclarée innocente des accusations dirigées contre elle. C’est l’opposé de condamnation. De plus, parce que les termes juste et justice viennent du même terme grec, «être justifié” signifie que l’on est également considéré comme étant «juste ». C’est pourquoi la justification implique davantage qu’un simple pardon; c’est une déclaration positive comme quoi la personne est déclarée juste ou intègre.

Pour certains croyants juifs, cependant, la justification était également d’ordre relationnel. Elle avait trait à la relation avec Dieu et son alliance . Etre “justifié» signifiait donc aussi que l’on était considéré comme un membre fidèle de la communauté de l’alliance divine, la famille d’Abraham.

Lisez Ga 2. 15-17. Que nous dit Paul ici? Comment appliquer ses paroles à notre propre expérience chrétienne ?

____________________________________________________________________________

LUNDI 17 octobre

Les œuvres de la loi

Paul déclarait par trois fois dans Ga 2. 16 que l’on n’était pas justifié par les  “œuvres de la loi”, Que voulait-il dire par “œuvres de la loi” ? Les textes suivants – Ga 2.16,17; 3.2,5,10; Rm 3.20,28) ne nous aident-ils pas à en comprendre le sens?

Avant de pouvoir comprendre l’expression  ” œuvres de la loi “, il nous faut d’abord comprendre ce que Paul entendait par le mot loi. On trouve cent vingt et une fois ce terme (nomos en grec) dans les lettres de Paul. Il évoquait un certain nombre de choses, dont la volonté de Dieu pour son peuple, les cinq premiers livres de Moïse, l’Ancien Testament tout entier, ou même un simple principe d’ordre général. Cependant, Paul utilisait avant tout ce terme pour désigner l’ensemble des commandements de Dieu donnés au peuple par l’intermédiaire de Moïse.

L’expression « œuvres de la loi» incluait donc probablement tous les préceptes que l’on trouve dans les commandements de Dieu donnés par l’intermédiaire de Moïse, qu’ils soient d’ordre moral ou cérémoniel. Paul cherchait à montrer que même si l’on s’efforçait d’obéir à la loi de Dieu, notre obéissance ne suffisait pas pour que Dieu nous justifie, nous déclare justes à ses yeux. En effet, sa loi exige une fidélité sans faille en pensées et en actes – non pas de temps en temps, mais constamment, non pas pour certains de ses commandements, mais pour tous.

Si l’expression « œuvres de la loi » n’existe pas dans l’Ancien Testament ni dans le Nouveau en dehors des lettres de Paul, on a eu l’étonnante confirmation de ce qu’elle signifiait en 1947 lors de la découverte des rouleaux de la mer Morte, collection d’écrits copiés par un groupe de Juifs appelés Esséniens qui vivaient à l’époque de Jésus. Quoique rédigé en hébreu, l’un des rouleaux contient exactement cette expression. Le titre de ce rouleau est Miqsat Ma’as Ha- Torah, qui peut être ainsi traduit: « Les œuvres importantes de la loi ». Ce rouleau aborde un certain nombre de thèmes fondés sur la loi biblique et destinés à montrer comment éviter de rendre impur ce qui est sacré, y compris ce qui séparait les Juifs des Gentils. Vers la fin, l’auteur écrivait que si l’on suivait ces « œuvres de la loi », « on était déclaré juste » devant Dieu. Contrairement à Paul, l’auteur ne faisait pas dépendre la justice de la foi, mais du comportement.

D’après votre expérience, dites dans quelle mesure vous observez la loi de Dieu. Pensez-vous l’observer tellement bien que vous êtes justifié devant Dieu? (Rm 3.10-20) Sinon, pourquoi? Votre réponse ne vous aide-t-elle pas à comprendre l’argument de Paul ici ? Commentez. 

______________________________________________________________________________

MARDI 18 octobre 

Les fondements de la justification

« Et d’être trouvé en lui, non pas avec ma propre justice, qui viendrait de la loi, mais avec celle qui est par la foi du Christ, une justice venant de Dieu et fondée sur la foi ». (Ph 3.9)

N’imaginons pas que les chrétiens juifs suggéraient que la foi en Christ n’avait pas d’importance; en effet, ils croyaient tous en Jésus. Tous lui étaient fidèles. Leur attitude montrait, cependant, que la foi qu’ils ressentaient n’était pas suffisante en soi; elle devait être supplémentée par l’obéissance, comme si celle-ci ajoutait quelque chose à l’acte de justification. La justification, auraient-ils certainement avancé, se fondait à la fois sur la foi et les œuvres. La façon dont Paul opposait fréquemment la foi en Christ et les œuvres de la loi montre combien il était opposé à cette approche. La foi, la foi seule, est le fondement de la justification.

Pour Paul, également, la foi n’était pas seulement un concept abstrait; elle était indissociable de Jésus. En fait, l’expression traduite deux fois par  « la foi du Christ » dans Ga 2.16 est bien plus dense qu’aucune traduction ne pourra jamais l’exprimer. L’expression grecque se traduit littéralement par « la foi » ou « la fidélité » de Jésus. Cette traduction littérale révèle le puissant contraste souligné par Paul entre les œuvres de la loi que l’on accomplit et l’œuvre du Christ accomplie en notre faveur, œuvres que lui-même, selon sa fidélité (d’où « la fidélité de Jésus ») a réalisées pour nous.

Il est important de ne pas oublier que la foi en soi n’ajoute rien il la justification, comme si elle avait un caractère méritoire. Au contraire, la foi est le moyen grâce auquel nous nous réclamons du Christ et de ses œuvres en notre faveur. Nous ne sommes pas justifiés sur la base de notre foi, mais sur la base de la fidélité du Christ envers nous, dont nous nous approprions par la foi.

Le Christ a réalisé ce que chacun de nous ne parvient pas à faire, c’est-à-dire que lui seul a été fidèle à Dieu en toutes choses. Notre espérance repose sur sa fidélité et non sur la nôtre. Comme le dit cet écrivain: « Nous croyons au Christ, non que notre foi nous justifie, mais parce que nous sommes justifiés par sa foi (ou fidélité) en Dieu. » – John McRAY,Paul: His Life and Teaching, Baker Academie, Grand Rapids, Mich., 2003, p. 355.

L’une des premières traductions syriaques de Ga 2.16 traduit bien ce que Paul voulait dire: « Sachant donc que l’être humain n’est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi de Jésus le Messie, nous croyons en lui, en Jésus le Messie, de sorte que grâce à sa foi, celle du Messie, nous soyons justifiés – ce que n’accomplissent pas les œuvres de la loi. »

Lisez Rm 3.22,26; Ga 3.22; Ep 3.12; ph 3.9. En quoi ces textes et ce que nous avons lu ci-dessus nous aident-ils à comprendre l’étonnante vérité selon laquelle la fidélité du Christ envers nous, son obéissance parfaite envers Dieu, est l’unique fondement du salut ?

______________________________________________________________________________________

MERCREDI 19 octobre

« L’obéissance de la foi » (Rm 1.5)

Paul montre clairement que la foi est un élément absolument fondamental de la vie chrétienne. Elle est le moyen grâce auquel nous nous saisissons des promesses en Christ. Mais qu’est-ce que la foi exactement? Qu’implique-t-elle ?

Qu’enseignent les textes suivants sur les origines de la foi? Gn 15. 5,6; Jn 3.14-16; 2 Co 5.14,15; Ga 5.6.

Une foi authentique fondée sur la Bible se manifeste toujours en réponse à Dieu. Ce n’est pas un sentiment ou une attitude que l’on décide un jour d’avoir parce que Dieu le requiert. Au contraire, la vraie foi est celle qui naît dans un cœur reconnaissant et aimant en réponse à la bonté de Dieu. C’est pourquoi, lorsque la Bible parle de la foi, celle-ci naît toujours fi la suite d’initiatives prises par Dieu. Dans le cas d’Abraham, par exemple, sa foi était une réponse aux étonnantes promesses que Dieu lui faisait (Gn 15.5,6). Dans le Nouveau Testament, Paul déclare que la foi s’enracine dans la prise de conscience de ce que le Christ a accompli pour nous sur la croix.

Si la foi est une réponse à Dieu, que devrait-elle comporter ? Réfléchissez à ce que les textes suivants déclarent sur la nature de la foi. Jn 8.32,36; Ac 10.43; Rm 1.5,8; 6.17; He 11.6; Je 2.9.

De nombreuses personnes définissent la foi comme étant une « croyance ». Cette définition pose problème, parce qu’en grec, le mot «foi» est la forme nominale du verbe «croire». Utiliser l’une de ces formes grammaticales pour en définir l’autre revient à dire; « La foi, c’est avoir la foi. » Cela ne nous dit rien.

Un examen attentif des Écritures révèle que la foi implique non seulement une connaissance de Dieu, mais aussi une adhésion intellectuelle ou une approbation de cette connaissance. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est important d’avoir une image précise de Dieu. Il est plus difficile d’avoir la foi si l’on a une notion tordue du caractère divin. Mais une adhésion intellectuelle à l’Évangile ne suffit pas, car «les démons aussi croient » (Je 2.19, Darby). Une foi véritable transforme la façon dont on vit. Dans Rm 1.5, Paul évoque « l’obéissance de la foi ». Il ne dit pas que l’obéissance est la même chose que la foi. Il veut dire qu’une foi véritable transforme la vie toute entière et pas seulement la façon de penser. La foi implique que l’on s’engage totalement envers notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, et pas seulement à une liste de règles. La foi, c’est tout autant ce que l’on fait, comment l’on vit et en qui l’on croit, qu’un ensemble de croyances.

_________________________________________________________________________________

JEUDI 20 octobre

La foi encourage-t-elle le péché? 

L’une des principales accusations dirigées contre Paul était que son évangile de la justification par la foi seule encourageait les croyants à pécher (Voir Rm 3.8 ; 6.1). Nul doute que ses accusateurs raisonnaient ainsi: s’il n’est pas nécessaire d’observer la loi pour être agréé de Dieu, pourquoi se soucierait-on de la façon dont on vit ?

Comment Paul répondait-il à l’accusation selon laquelle la doctrine de la justification par la foi seule encourageait un comportement pécheur? Ga 2.17,18

Paul répondait aux accusations de ses opposants en des termes on ne peut plus vigoureux: «Jamais de la vie ! » S’il est possible qu’une personne retombe dans le péché après être venue au Christ, la responsabilité n’en incombe pas à ce dernier! Si nous violons la loi, nous devenons des transgresseurs.

Comment Paul décrivait-il sa communion avec Jésus-Christ ? En quoi cette réponse réfutait-elle les objections soulevées par ses opposants? Ga 2.19-21.

Paul trouvait le raisonnement de ses opposants tout simplement absurde. Accepter le Christ par la foi n’est pas quelque chose de banal; ce n’est nullement un jeu céleste illusoire, Dieu déclarant juste une personne sans qu’il n’y ait de réel changement dans sa vie. Au contraire, accepter le Christ par la foi est quelque chose d’extrêmement radical, impliquant une communion complète avec Jésus – communion en sa mort et en sa résurrection. Spirituellement parlant, Paul déclarait que nous étions crucifiés en Christ et que notre ancienne manière de vivre, enracinée dans l’égoïsme, avait disparu (Rm 6.5-14). Nous avons rompu radicalement avec le passé. Tout est nouveau (2 Co 5.17). Nous sommes également ressuscités pour une vie nouvelle en Christ. Le Christ ressuscité vit en nous, nous transformant chaque jour un peu plus à son image.

Quelle est votre propre attitude vis-à-vis du concept du salut par la foi seule, sans les œuvres de la loi? Est-ce que cela vous fait un peu peur, parce que vous pensez que cela pourrait être une excuse au péché – ou cela vous réjouit-il ? Qu’indique votre réponse sur la façon dont vous concevez le salut ?

__________________________________________________________________________________________

VENDREDI 21 octobre 

Pour aller plus loin: “On m’a présenté maintes et maintes fois combien il était dangereux d’entretenir, en tant que peuple de Dieu, de fausses idées sur la justification par la fol. Il m’a été montré pendant des années que Satan œuvrerait tout spécialement pour jeter la confusion dans les esprits concernant ce point. On a beaucoup insisté sur la loi de Dieu et on l’a présentée aux communautés pratiquement sans tenir compte de Jésus-Christ et de sa relation à la loi, tout comme le faisait l’offrande de Caïn. Il m’a été montré que beaucoup de gens sont restés éloignés de la foi à cause de toutes sortes de notions confuses sur le salut, parce que les ministres de Dieu n’ont pas œuvre correctement pour toucher les cœurs. Pendant des années, la justice imputée du Christ m’a été présentée encore et encore [ … ]

Il n’y a pas de point que l’on devrait méditer plus sérieusement, répéter plus fréquemment, ou imprime, plus fermement dans l’esprit de tous que l’impossibilité pour l’homme déchu de mériter quoi que ce soit par ses bonnes œuvres. Le salut ne s’obtient que par la foi seule en Iésus-Christ.” – Ellen WHITE, Faith and Works, p. 18, 19.

« La loi exige la justice, et c’est ce que le pécheur doit à la loi ; mais il en est incapable. C’est par la foi seulement qu’il peut atteindre la justice. Par la foi, il peut apporter à Dieu les mérites du Christ, et le Seigneur place l’obéissance de son Fils sur le compte du pécheur. La justice du Christ est acceptée au lieu de la faillite de l’homme, et Dieu reçoit, pardonne, justifie l’homme repentant et croyant, le traite comme s’il était juste, et l’aime comme il aime son propre Fils. » – Ellen WHITE, Messages choisis, « Le Christ, chemin de la vie », p. 430.

A méditer 

• Dans le premier passage cité ci-dessus, Ellen White déclare qu’il n’existe aucun thème devant être davantage souligné que la justification par la foi. Voyez avec les membres si ses commentaires sont tout aussi applicables aujourd’hui que lorsqu’elle les a écrits il y a plus d’un siècle. Dans l’affirmative, pourquoi?

• Pourquoi Paul déclarait-il que le Christ serait mort en vain si la justification s’obtenait par la loi? Ga 2.21. Que voulait-il dire par là ?

Résumé: Le comportement de Pierre à Antioche suggérait que les expaïens ne pouvaient devenir de vrais chrétiens s’ils ne se faisaient pas d’abord circoncire. Paul a souligné combien cet enseignement était erroné. Dieu ne peut déclarer quiconque juste sur la base de son comportement, car même le meilleur des hommes est imparfait. Ce n’est qu’en acceptant ce que Dieu a fait pour lui en Christ que le pécheur est justifié il ses yeux.

  1. Leave a comment

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: